collect'OR d'avril 2026
Tchernobyl (Chornobyl) : mémoires d’une onde de choc
Le 26 avril 1986, l’explosion du réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl (Chornobyl), située près de la ville de Pripiat, en Ukraine (alors république de l’Union des républiques socialistes soviétiques), constitue l’une des catastrophes technologiques majeures du XXᵉ siècle. Par l’ampleur des rejets radioactifs, la gestion politique de la crise et ses conséquences sanitaires, environnementales et symboliques, l’événement a profondément marqué les sociétés européennes et continue, quarante ans plus tard, de structurer débats scientifiques, controverses publiques et imaginaires collectifs.
Si l’accident a d’abord été analysé sous l’angle de la défaillance technique et organisationnelle, il s’est rapidement imposé comme un objet d’étude pluridisciplinaire.
À la croisée de l’histoire, des sciences physiques et médicales, de la sociologie du risque et des études culturelles, Tchernobyl (Chornobyl) apparaît ainsi comme un objet total. Cet article se propose d’en examiner les dimensions mémorielles, scientifiques, territoriales et artistiques afin de comprendre comment une catastrophe survenue en 1986 continue d’informer nos représentations contemporaines du nucléaire, du risque et de la responsabilité collective.
SOMMAIRE
L’histoire de Tchernobyl (Chornobyl) ne se limite pas à la séquence factuelle de la nuit du 26 avril : elle inclut les trajectoires des liquidateurs, les récits des déplacés, les silences institutionnels, ainsi que les enjeux mémoriels dans les espaces post-soviétiques. Entre commémoration, instrumentalisation politique et patrimonialisation d’une zone devenue à la fois territoire interdit et lieu de mémoire, la catastrophe interroge la fabrique sociale du souvenir et les modalités de transmission d’un traumatisme technologique.
Livres en langues étrangères
Sur le plan scientifique et sanitaire, Tchernobyl (Chornobyl) demeure un terrain de tensions. Les effets biologiques des faibles doses, l’évaluation épidémiologique des cancers radio-induits, ou encore la distinction entre risques avérés et risques perçus nourrissent débats et controverses. La catastrophe a également révélé la circulation inégale de l’information et les phénomènes de désinformation, tant dans le contexte soviétique initial que dans les discussions européennes ultérieures. L’articulation entre savoir expert, décision politique et réception médiatique constitue ainsi un enjeu central pour comprendre la persistance des polémiques contemporaines autour du nucléaire civil.
L’événement a produit des effets différenciés selon les territoires. En France, et plus particulièrement en Alsace, la gestion et la communication autour du passage du « nuage » radioactif ont alimenté des controverses durables, révélatrices des tensions entre autorités sanitaires, médias et opinion publique. L’analyse de cette réception locale permet d’inscrire Tchernobyl (Chornobyl) dans une histoire nationale du risque et de la confiance institutionnelle.
Tchernobyl (Chornobyl) s’est imposé comme un puissant motif artistique et culturel. Romans, bandes dessinées, œuvres cinématographiques et créations contemporaines ont contribué à façonner une mémoire sensible de la catastrophe, oscillant entre documentaire, fiction spéculative et esthétique post-apocalyptique. À travers ces productions, l’événement dépasse son cadre historique pour devenir une matrice narrative interrogeant la modernité technicienne, la vulnérabilité humaine et les limites du progrès.
-------
| Colloque – Anniversaire Chonobyl (Tchernobyl) 40 ans
27 & 28 avril 2026 | bâtiment Le Studium – salle In quarto
La Faculté des Lettres et la Faculté de Médecine de Strasbourg, soutenu par l’ITI Lethica, vous proposent un colloque international consacré à la mémoire, aux savoirs et aux représentations de la catastrophe de Tchernobyl (Chornobyl) . Il réunira scientifiques, spécialistes en médecine nucléaire, historiens, philosophes et critiques d’art.
La manifestation sera accompagnée :
- d’une expérience immersive proposée par Madame Kateryna Chomova* ;
- d’une mise en scène de La Supplication – Tchernobyl par Bruno Boussagol ;
- d’une exposition de photographies et d’œuvres artistiques consacrées à Tchernobyl (Chornobyl)
*membre de la représentation Ukrainienne au Conseil de l’Europe
| Exposition
du 7 au 28 avril | bibliothèque du Studium - 2ème étage
Quarante ans après la catastrophe de Chornobyl, le nucléaire continue de susciter débats, espoirs et inquiétudes. À travers une sélection d’affiches européennes, cette exposition propose un regard historique sur la manière dont le nucléaire a été représenté, défendu ou contesté dans l’espace public. Née à la fin du XIXᵉ siècle, l’affiche illustrée est rapidement devenue un outil puissant : instrument de persuasion, vecteur d’information, support d’alerte ou de mobilisation.
Ses images, conçues pour frapper les esprits, accompagnent l’essor de l’atome civil et militaire, la montée des mouvements antinucléaires, mais aussi les stratégies de promotion industrielle et étatique. Éphémères par nature, ces affiches n’en ont pas moins imprimé durablement la mémoire collective. Elles révèlent comment, au fil des décennies, les sociétés européennes ont cherché à convaincre, à rassurer, à dénoncer ou à comprendre.
En rassemblant des affiches de propagande, de prévention, de sensibilisation ou de protestation, cette exposition met en lumière l’entrelacement complexe entre science, politique et opinion publique. Elle invite à réfléchir à l’évolution de la communication visuelle face aux enjeux énergétiques, environnementaux et humains que le nucléaire soulève — des années de la Guerre froide jusqu’aux questionnements contemporains nés du désastre de 1986.
À l’occasion de ce colloque commémoratif, nous vous proposons de découvrir ces images qui ont façonné notre perception du nucléaire, d’interroger leur langage, leurs symboles, leurs messages, et de mesurer combien elles continuent de résonner aujourd’hui.
| Programme complet sur www.lethica.unistra.fr
-------
Ce collect'OR a été réalisé par Magalie Risser du Pôle médiations du Service des bibliothèques
→ à découvrir le mois prochain : "Dzing"
→ déjà paru : janvier 2026 - "Wow" | février 2026 - "Grrr" | mars 2026 "Eho"




































